LA FEE L'A DIT

New Age ?... ou retour au Moyen Age ?...

Cet article est paru dans le Journal de l'Ile de la Réunion, le 17 décembre 1999

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Astrologie, voyance... et sceptiques du Québec

article paru dans le JIR 29/12/06 et dans le Quotidien de la Réunion 01/01/07

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VIVE LES CROYANCES POPULAIRES !

(paru dans Le Quotien de la Réunion le 23 déc. 2003)
Il y a quelques années (mars 98) une mère de famille du Port, sujette à des crises d’épilepsie, décédait des suite d’un exorcisme musclé pratiqué sur sa personne par sa famille et son entourage.
Ces jours-ci l’emprisonnement judiciaire va officialiser le démantèlement d’une famille des hauts de Saint Paul coupable d’avoir assassiné il y a deux ans l’un de ses membres, mentalement fragile et dépressif, lors d’une séance de désenvoûtement à Fleurimont (le rite veut que le sujet "possédé" soit frappé avec des branches de "piondène").
Rien à dire sur le plan judiciaire. Il y a eu mort violente de deux êtres humains, la loi exige que les coupables soient jugés et sanctionnés.
Mais parallèlement, a-t-on expliqué aux familles désemparées que « l’envoûtement » et la « possession démoniaque », de même que leur traitement par « l’exorcisme », ne sont que légendes d’un autre âge ?… Des éducateurs ou autres travailleurs sociaux vont-ils être rapidement diligentés dans le quartier encore sous le choc pour entreprendre un travail d’éducation populaire ?… Va-t-on mener une action en justice contre les « sorciers », les « gratteurs ti bois » ou autre exorcistes de religion plus « respectable » qui entretiennent par leur petite entreprise la déstabilisation mentale de la partie la plus crédule de la population ?…
Non pas ! Car on touche là à des « cultures ancestrales » (haaa les « cultures ancestrales !). En ces temps de « régionalisation », et de défense des spécificités (haaa les « spécificités » !) locales, il est fortement déconseillé d’enseigner au peuple le savoir raisonné.
Parions même que des anthropologues vont goûter le miel de ces drames humains, de ces fascinants rites séculaires dont l’homme moderne, gâteur des spécificités ancestrales, drogué par le progrès et la perte des valeurs spirituelles (ha les valeurs « spirituelles » !), n’a pas su préserver le charme, l’originalité…. et l’efficacité ( ?!).
On me dit que c’est faire grand cas de meurtres certes dramatiques, mais somme toute plutôt rares. Je répondrai que c’est uniquement l’issue fatale des deux « faits divers » sus-cités qui a amené la police à s’intéresser à ces affaires et les médias à en faire leur chou gras. Mais combien de séances méconnues ont lieu quotidiennement dans le secret de petites cours obscures ou chez les désenvouteurs-pays, au su de voisins complices ou muets de terreur ? Qui va oser s’en insurger ? Qui va seulement oser poser le problème ?
Un ethnopsychiatre (haaa les ethnopsychiatres !) de renommée nationale vient assez régulièrement chez nous pour clamer la bonne parole devant un auditoire universitaire sous le charme. Il dit que la médecine scientifique occidentale est totalement inadaptée aux civilisations dites « traditionnelles ». Il laisse entendre que vouloir substituer la médecine scientifique à la médecine traditionnelle – si harmonieusement scellée aux « représentations et aux racines culturelles spécifiques » - est une hérésie, voire pire : la manifestation d’une volonté despotique et colonialiste (là les politiques lèvent un sourcil attentif et intéressé : y’a de l’indignation démagogique à moudre !). Que cela eut été vrai à La Réunion au temps mauvais de l’esclavagisme, c’est indéniable. Que cela soit encore vrai à notre époque vis à vis de certaines tribus primitives d’Amazonie, sommées de se soumettre ou de périr, on peut aisément l’imaginer. Mais parler aujourd’hui, dans un département français (certes "d'outre-mer") , de l’éducation du savoir comme d’un élément pervers et colonisateur des mentalités locales, est-ce bien raisonnable ?
Ils ont quand même bien de la chance ces chercheurs admiratifs des coutumes ancestrales, ou ces thuriféraires de la tradition, d’être suffisamment initiés à la modernité pour pouvoir se contenter d’avaler un cachet quotidien de benzodiazépine en cas de déprime ou de manifestations épileptiques.
Comment ?… Vous me dites qu’ils préféreraient être fouettés avec une branche de « piondène » et bastonné jusqu’au sang afin de ne pas se couper de leurs racines ancestrales ?… Noooooon ! … J’y crois pas !… Si ?!!… Alors dans ce cas excusez-moi. J’ai encore parlé avec outrance…
Jacques Poustis

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ASTRO-SOCIOLOGIE

(paru dans le Quotidien de la Réunion, le 25 août 2001)

Le 7 avril 2001, Elisabeth Teissier passait avec succès (mention très honorable) à l'Université Paris IV une thèse de sociologie au titre ronflant comme une locomotive à vapeur: « Situation épistémologique de l'astrologie à travers l'ambivalence fascination/rejet dans les sociétés post- modernes ». Non, ne fuyez pas! Cet «argot intellectuel » à l'apparence un tantinet «extra-terrestre » est celui pratiqué parfois par certains penseurs pour bien montrer, à qui veut le croire, que leurs préoccupations se situent à un niveau culturel très supérieur à la moyenne.
On le traduira donc, plus simplement, par : «Analyse d'une croyance populaire: l'astrologie ». Il est évidemment tout à fait justifié d'aborder au sein d'une étude universitaire le « pourquoi » et le «comment » de la naissance (et de la survie) d'un comportement social, d'une idéologie, ou d'une croyance. On trouve même là une définition très générale de la sociologie, discipline née au XIXè siècle de la nécessité pour les chercheurs d'analyser et de comprendre les rapports humains dans toute leur diversité.
L'inquiétude qui à l'AFIS (1) s'empara de nous dès l'annonce (très discrète) fin mars, de cette soutenance de thèse, tenait au fait que E. T. (initiales de Elisabeth Teissier, n'y voir aucun rapprochement avec l'énoncé « martienne » du titre de son étude...) est en France le fer de lance de l'intention obstinée des astrologues à vouloir faire entrer comme «discipline universitaire » la croyance en l'influence des astres sur le destin des individus.
Nous fûmes parmi les premiers (hormis le jury de soutenance) à lire les 900 pages (!) de cette étude annoncée comme étant de caractère « sociologique ». Notre inquiétude fit alors place au désarroi : la thèse d'E.T., appréciée comme « très honorable » par le jury universitaire, était en fait ouvertement un plaidoyer en faveur de l'astrologie.
Notre abattement ne resta pas longtemps isolé. Au fur et à mesure que les chercheurs (qu'ils fassent partie des « sciences humaines» ou des sciences dites « dures » comme l'astronomie ou la physique) et les médias non populistes prenaient connaissance de cette thèse, l'incompréhension, puis la colère, s'amplifIa.
Un collectif de scientifiques et de philosophes (2) décida alors d'analyser objectivement sur la forme et le fond les 900 pages qui accordaient désormais à E.T. le titre de docteur en sociologie.
Le compte-rendu en est accablant (3) : incohérences dans le discours, charabia pseudo-intellectuel, utilisation abusive de citations non référencées, grossières erreurs scientifiques sur les mouvements des planètes, affirmations gratuites et totalement subjectives sur la validité scientifique de l'astrologie, statistiques anciennes reconnues aujourd'hui comme erronées...
En conclusion de ce rapport d'experts, les critiques les plus indignées vont au jury à qui il est reproché le manque de rigueur et de vigilance dont il fit preuve en acceptant, puis en honorant, une thèse aussi critiquable sur tant de points.
Difficile en effet de faire porter le seul chapeau à E. T. qui, après tout, a saisi l'heureuse opportunité pour elle de prêcher à la Sorbonne, pour sa paroisse astrologique. Nous lui reprocherons quand même le double jeu qu'elle affiche maintenant, elle et le milieu astrologique en général : d'un côté l'affirmation abusive que la thèse est une étude sociologique et objective du phénomène « astrologie », et d'un autre côté l'affirmation naïve que « la science astrologique » (excusez du peu !) a enfin retrouvé sa place à l'Université (4) et prépare ainsi à plus ou moins long terme la création d'une chaire d'enseignement (?!) :
Les membres du jury - peut-être un peu décontenancés par la vive réaction de révolte à l’encontre de la thèse de E.T., largement médiatisée et majoritaire au sein du monde universitaire et scientifique - essaient pourtant de calmer le jeu en affirmant publiquement que l'astrologie n'est évidemment rien d'autre qu'une croyance, mais qu'ils ont jugé la thèse de E.T. « intéressante » sur le plan de l'analyse sociologique.
Les scientifiques qui se sentent trahis par un jury laxiste (complaisant ?) répondent que le ver est hélas maintenant dans le fruit, et qu'il faudra en tirer des leçons de vigilance accrue afin que l'université puisse garder, ici et dans le monde entier, l'exemplarité qui fait, depuis plus de trois siècles, sa noblesse.
On nous dira peut-être que ces joutes « intellectuelles » ont une importance populaire très relative, notamment pour notre petite île de la Réunion. Comme si l'on ne voulait pas comprendre que la raison, à quelque niveau et quelque lieu que ce soit, est peut-être la seule chance de survie, dans la meilleure entente possible, de l'humanité toute entière.

Jacques POUSTIS
(1) AFIS : «Association Française d'Information Scientifique », dont les buts sont de promouvoir la rigueur de la démarche scientifique et la condamnation du charlatanisme et de l'escroquerie intellectuelle.
(2) Constitué de Bernard Lahire et Philippe Cibois (sociologues), Dominique Desjeux (anthropologue), Jean Audouze et Jean-CIaude Pecker (astrophysiciens), Henri Broch (physicien), Denis Savoie (historien des sciences), Jean-PauI Krivine (représentant l'AFIS).
(3) Ce rapport est disponible sur le site Internet (spsafis.org). On peut aussi le commander à l'antenne réunionnaise de l'AFIS (02.62.22.94.69).
(4) Colbert avait mis fin à son enseignement, au milieu du XVIIè siècle.

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PARANOÏA ET ETHIQUE

(Paru dans le Quotidien de la Réunion le 23 avril 2001, en réponse à un lecteur...)
Dans le Quotidien du 21 avril un lecteur écrit pour protester contre les réserves exprimées dans les journaux régionaux sur les buts cachés de certains organisateurs de "stages en développement personnel" actuellement en activité sur notre île, et considérés par l'ADFI (1) comme soupçonnables d'être les représentants "masquée" de certains groupes sectaires.
Ce lecteur qui avance, lui, ouvertement masqué (puisqu'il signe très courageusement : "un prof de math…"), s'insurge contre le pouvoir d'intox des médias et avoue "se retenir difficilement d'éclater de rire au nez de cette association qui d'après lui se ridiculise par sa paranoïa anti-sectaire".
Ce lecteur déclare qu'on ferait bien mieux de s'occuper du phénomène "foot" qui, d'après lui, présente véritablement les dangers que l'on reproche aux sectes : "on y ruine les supporters contre leur gré et on y vénère des patrons de club qui sont des truands pour le fisc et les deniers publics". Bon. J'avoue qu'il y a de quoi être atterré par certains comportements générés par le football professionnel moderne. Oui mais alors ?… Où est donc la logique du discours de Mr X qui, pour minimiser les agissements de certains groupes sectaires, s'appuie sur d'autres agissements tout autant condamnables (… et d'ailleurs condamnés ! : cf. les stades interdits, les clubs lourdement taxés et les Bernard Tapie comdamnés…). Cela me rappelle ce prévenu pour attaque à main armée qui demandait la clémence aux magistrats car "après tout il y a bien d'autres cambrioleurs que lui, et des pires, en liberté". Essayons de réfléchir selon une démarche rationnelle, telle qu'elle est sûrement enseignée par Mr X dans l'établissement scolaire où il professe.
1) Partons d'un postulat raisonnable : considérons que Mr X est malgré tout d'accord pour considérer que les agissements de certaines sectes sont dangereux pour l'intégralité mentale (et parfois même physique) de leurs adeptes. Trois hypothèses logiques peuvent alors être émises sur notre mystérieux "Prof de maths" :
a) Il sait que les organisateurs de stages pour le développement personnel (appelons-les OSPDP) ont des liens avec des sectes déclarées dangereuses.
b) Il sait que ces OSPDP n'ont aucun lien avec des sectes déclarées dangereuses.
c) Il ne sait pas que ces OSPDP ont des liens avec des sectes déclarées dangereuses.
2) Abandonnons le premier cas ("a") qui colorerait son courrier d'un cynisme que l'on n'ose imaginer. Dans le deuxième cas ("b") la réaction indignée de Mr X devient alors parfaitement justifiée. Mais, hélas pour lui, il se coupe lui-même l'herbe sous les pieds en avouant dans son courrier qu'il ne connaît ni les OSPDP, ni leurs pratiques : "Je n'ai jamais participé à un stage-miroir, ni à un stage de Lise Bourbeau, ce n'est pas tellement mon truc…"(sic). Sa révolte est donc difficilement recevable. Qu'il se rassure quand même : si effectivement les soupçons publiés dans la presse sont infondés nos OSPDP ne se priveront pas (j'espère !) de porter plainte pour diffamation (la Loi française est suffisamment bien élaborée pour que chacun puisse se défendre de toute atteinte injustifiée à son honorabilité).
Le troisième cas ("c") revient en fait au second : Mr X argumente avec une ironie mordante sur un sujet qu'il reconnaît ignorer. Voilà un "biais d'école" rédhibitoire à toute démonstration…
Je connais personnellement assez bien le sujet "sectes" pour y avoir été occasionnellement confronté autrefois comme travailleur social, et d'une façon plus constante aujourd'hui au sein d'associations de lutte contre le charlatanisme. L'ADFI, au nez de laquelle Mr X se retient avec peine d'éclater de rire, est née il y a plus de 25 ans de la réalité de cas concrets de détresses d'anciens adeptes et de membres de leurs familles. Leur travail humanitaire et bénévole a depuis permis, d'une part de déjouer bon nombre de stratagèmes que les riches sectes (enrichies par leurs victimes, c'est un comble !) inventent quotidiennement pour mieux détourner la loi et embobiner les adeptes, et d'autre part de faire prendre conscience au public, MAIS AUSSI au gouvernement, que, bien que moins visibles, les manipulations mentales sont une atteinte grave à l'intégrité des personnes, au même titre que les violences physiques.
Oh bien sûr, et là je rejoins Mr X, les ateliers, stages, regroupements, mouvements qui se sont multipliés autour de la philosophie spiritualiste new-age des années 60 ("Tout est énergie", "Avançons vers l'homme global harmonisé en nous régénérant au sein des doubles vibrations intérieures et cosmiques", "Maîtrisons nos chakras afin de libérer les ondes positives de nos centres énergétiques" etc…) n'ont intrinsèquement rien de répréhensibles et, bien au contraire, semblent pouvoir être une réponse tout à fait adaptée au besoin de "transcendance" de certains, ou pouvoir devenir un exutoire satisfaisant à l'angoisse existentielle d'autres. Mais voilà : les charlatans et escrocs de tout poil se sont vite aperçus que ces rassemblements joyeusement irrationnels autour de Maîtres spirituels charismatiques, regroupaient bon nombre de fidèles en déséquilibre personnel ou social ! Et la frontière entre un Maître spirituel désintéressé et un gourou-escroc n'est pas toujours évidente pour qui se retrouve en état de faiblesse personnelle (ou en état d'extase émerveillée devant ce charabia pseudo-scientifico-religieux).
Promesses d'amour, de guérison, de béatitude, d'harmonie cosmique avec les forces universelles, d'éternité, il n'en fallait pas plus pour que les activités d'épanouissement personnel deviennent le terrain privilégié de "chasse aux adeptes" pour des gourous-mythomanes sans scrupules et assoiffés de richesse et de pouvoir faciles (2).
C'est en ce sens "d'appel à la vigilance" que, personnellement, je comprends les articles incriminés par Mr X.
En guise de conclusion :
a) Mr X accuse l'ADFI de paranoïa … et il signe : "un prof de maths" ! Que craint-il donc pour se cacher ainsi derrière l'anonymat ? Un emprisonnement ?… Un renvoi de l'administration ?… Une blâme ?… Qui est véritablement paranoïaque dans l'histoire ?…
b) Il donne des cours d'éthique aux journalistes en se permettant de juger un remarquable travail d'investigation, tout en avouant de son côté ne rien connaître au sujet.
On sait que certaines démonstrations mathématiques poussées à l'extrême peuvent parfois aboutir à des paradoxes, mais il serait sans doute plus correct que cela soit fait, Monsieur le prof de maths, sans avoir honte de se nommer. Non ?…
Jacques Poustis
(1) Association de Défense des Familles et de l'Individu, dont les buts sont de dénoncer les manipulations mentales (et parfois physique) exercées par certains mouvements sectaires, reconnus par ailleurs dangereux par la Commission parlementaire d'enquête sur les sectes.
(2) pour ceux que le sujet intéressent et qui sont "branchés internet", un site remarquablement documenté : http://www.multimania.com/tussier/home.htm , et pour ceux qui sont plus "branchés livres" : "Le New Age" de Renaud Marhic et Emmanuel Besnier, éd. Le Castor Astral, 1999.

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NOUS SOMMES TOUS DES DINOSAURES

(Paru dans le Quotidien de la Réunion le 4/02/2001, et dans le Journal de l'île de la Réunion le 5/02/2001. Corrigé en juillet 2006)
Entendu dernièrement à la radio une réaction fondamentalement ("moralement" ?) anti-OGM :
"L'homme ne se rend pas compte des risques qu'il encourt à vouloir modifier la nature, car la nature seule sait ce qui est bon pour lui…".
Discours fréquent et naïf qui laisse entendre et admettre que notre environnement terrestre ("Dame Nature" comme disent les poètes) est doté d'une pensée réflexive, voire d'un projet providentiel pour l'homme. Supposition sans autre fondement que la croyance. Nous savons que depuis quelques milliards d'année, la matière vivante a besoin du long terme pour s'adapter aux fluctuations de son écosystème. Il y a 65 millions d'années la Terre devint brutalement invivable aux dinosaures (pour des causes encore mal définies : chute d'une météorite géante qui rendit l'atmosphère irrespirable ? Volcanisme intensif ? Pandémie virale ?... ou associassion de tout cela ?). Leur famille, qui dominait sans contestation notre planète depuis près de 150 millions d'années, se trouvant soudain face à un environnement hostile, s'effondra jusqu'à s'éteindre définitivement.
Il est de la même façon tout à fait envisageable (et même certain à très long terme car le soleil n'aura pas éternellement son éclat actuel) que dans un avenir plus ou moins lointain un changement profond et soudain de notre environnement naturel parvienne à tellement contrarier les exigences vitales de certains mammifères, que l'homme (entre autres) soit condamné à disparaître à son tour (irruptions volcaniques grandioses, pluies de météorites, apparition de nouveaux virus dévastateurs ou changements extrêmes des conditions climatiques habituelles… Bien des scénarios-catastrophes tout à fait vraisemblables sont possibles; le dernier tremblement de terre en Indes est un exemple, très localisé mais significatif de notre impuissance face aux catastrophes naturelles).
Dans le grand chaos qui fit apparaître un jour la vie sur Terre, l'Homme n'est dans le fond qu'une (très jeune) anecdote, plutôt bien adaptée aux différentes conditions environnementales de notre actuelle planète, et qui pourrait dans ce cadre-là continuer à vivre encore longtemps. Mais si par malheur le cadre devient par trop néfaste à son équilibre biologique, je ne vois, pour qu'il ne disparaisse pas tel un vulgaire diplodocus, que le choix entre quatre possibilités :
- soit attendre avec optimisme que la lente sélection naturelle fasse de lui un mutant viable
- soit à espérer que les dieux, dans leur grande miséricorde, interviennent en sa faveur
- soit tenter de se prémunir par une technologie protectrice
- soit (ce n'est plus aujourd'hui de la science-fiction) modifier lui-même ses propres structures génétiques afin de les adapter au mieux au nouvel écosystème.
Exemple "soft" : on sait que la mélanine, pigmentation caractéristique des peaux sombres, est une protection naturelle de la peau contre les agressions cancérigènes des rayons ultra-violets. Imaginons, quitte à faire étouffer de rage (bien fait !) les racistes de tous poils, que pour une raison X ou Y, l'atmosphère se modifie rapidement, jusqu'à devenir un peu plus perméable aux UV. Ne sera-t-il pas alors plus rationnel pour l'humanité à peau claire de modifier la constitution de son génome afin de produire suffisamment de mélanine protectrice, plutôt que de ne plus sortir que la nuit ou de se barbouiller de crème "indice 10" chaque matin ?… Cet exemple de manipulation génétique, tout à fait envisageable au point où en est la science à ce jour, n'est sans doute que le "b-a ba", d'un alphabet beaucoup plus complexe qui se déclinera fatalement dans les millénaires à venir.
A ce titre, il aurait été plus acceptable d'entendre lors de l'intervention radiophonique citée plus haut, le discours suivant :
"L'homme a tout intérêt à dominer la nature - et à apprendre à jouer avec ses constituants essentiels - au cas où il aurait, dans le futur, l'obligation de modifier certaines caractéristiques de son propre génome, pour l'adapter à de nouvelles conditions de vie, car l'Homme - et lui seul - a la possibilité de savoir ce qui est plutôt bon ou plutôt néfaste pour l'Homme.
Quand à nos écosystèmes actuels ("Maman Nature" comme ils disent si joliment) qui permirent l'apparition de la plupart de nos espèces d'aujourd'hui, il faudra bien se résoudre à accepter le fait qu'en changeant un jour de configuration, ils n'auront pas plus de considération pour l'Homme que les écosystèmes qui suivirent l'apparition des premiers fils d'ADN n'en eurent pour les premiers protozoaires.
Jacques Poustis

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LE REGARD DE ROSINE

Paru dans Le Quotidien de la Réunion le 3 juillet 2001, puis dans les Cahiers de l'AFIS n°248, sept.2001

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SOMBRERO ET HEROS NOIR

Paru dans le Journal de l'Ile de la Réunion (rubrique "Dialogue") le 16 juillet 06
J’entends à la radio que Eric Raoult, maire de Rancy, ex-ministre et ex-député, demande à Jacques Chirac que soit accordée la Légion d’honneur à tous les joueurs de l’équipe de France de football, et que leur capitaine, Zinedine Zidane, soit élevé au grade d’officier.
Après tout, pourquoi pas ? « Ça mange pas d’pain » comme on dit, et dans la mesure où ces récompenses sont généreusement offertes, et depuis fort longtemps, à des acteurs de cinéma ou à des chanteurs populaires, on ne voit pas ce qu’il y aurait d’inconvenant à ce que nos politiciens en campagne en fassent aussi profiter des sportifs adulés par la majorité de leurs futurs électeurs de l’année prochaine.
Et puis bon, comme nous sommes sûrement des dizaines de millions dans l’Hexagone à avoir passé nos temps libres de jeunesse à taper maladroitement la balle sur le ciment des trottoirs ou des cours de récré (filles comprises), il doit en rester bien peu en France à ne ressentir aucune émotion devant les « passements de jambe » magiques de notre Zizou national. Mais si la rosette rouge, honneur suprême de la Nation, semble pratiquement acquise pour nos 23 finalistes, ne pourrait-on pas accorder un petit « plus » de reconnaissance à l’un d’entre eux qui, au moins tout autant que notre génial n° 10, mérite le respect.
Je veux parler de LilianThuram.
Allez, mettons de côté le fait que son talent de dernier défenseur soit au moins aussi louable que le talent d’attaquant du génial n°10 des « bleus ». Semblerait-il alors injustifié que la sagesse et l’intelligence de ses prises de positions publiques citoyennes soient mises en exergue et citées en exemple d’une façon particulière ?
Voire officielle.
Il y a quelques jours, Lilian Thuram, en pleine préparation des phases finales de la Coupe du Monde de foot, prenait sur lui de répondre publiquement aux propos ahurissants de J-Marie Le Pen qui venait de regretter que la France ne puisse se reconnaître dans son équipe de football car on y avait exagéré la proportion de joueurs de couleurs. On se souviendra qu’en 1998 il avait déjà jugé « artificiel que l’on fasse venir des joueurs de l’étranger, en les baptisant équipe de France ».
C’est avec calme et intelligence (et humour) que Lilian Thuram s’étonna qu’un homme politique, qui brigue le niveau de responsabilité le plus élevé de notre République française, n’ait pas l’air de savoir (en dehors du fait que tous les joueurs de l’équipe nationale sont évidemment authentiquement français) que la majorité des joueurs noirs de l’équipe nationales sont antillais. C’est à dire que leur terre d’origine est rattachée à la France depuis deux siècles et demi, c’est à dire une quinzaine de générations ! (1)
Et Lilian Thuram de rappeler, au passage et à juste raison, que l’Alsace et le pays niçois, n’ont pas eu, dans l’Histoire de France, la même ancienneté constante. Ce qui n’empêche pas ces deux régions et leur population d’être aujourd’hui pleinement françaises.
J-Marie Le Pen connaît parfaitement l’Histoire de France. Donc, ce qui le gêne ne peut pas être le fait que beaucoup de joueurs ne descendent pas en ligne directe des gaulois ou des francs. Ce qui l’insupporte en l’occurrence, c’est que bon nombre d’entre eux ne soient pas aussi blancs que les français tels qu’il les rêve.
Que Lilian Thuram, le plus noir de nos bleus, mette le doigt sur l’incohérence des propos racistes du leader du Front National, et qu’il s’applique à les juger publiquement, avec justesse et ironie, ne mériterait-il pas que la République, avec ou sans rosette, lui en fasse officiellement compliment. Cela aurait pu être par exemple lors de l’éloge appuyé (et sans aucun doute mérité) de la carrière exemplaire de Zizou que le Président fit, lundi dernier, devant les caméras.
Mais voilà : en ces temps de pré-campagne électorale, un acte significatif d’intelligence politique et citoyenne vaut peut-être moins, pour nos dirigeants, qu’un « râteau » ou qu’un « double passement de jambe, suivi d’un incroyable sombrero » ?
Jacques Poustis
(1) Pour être franc, quel ne fut pas mon désarroi, il y a quelques semaines, d’entendre, ici à la Réunion, une souriante cafrine-pays, amie de longue date, regretter que l’équipe de France, avec tous ces étrangers, n’ait plus grand-chose à voir avec la France…

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BACK TO THE TREES

(lettre parue dans le Quotidien le 23/8/03)

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ASTROLOGIE ET VIDE SIDERAL

(réécrit à partir d’un courrier paru dans "Le Quotidien de La Réunion" le 5'06'01)

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ACADEMIE DE MEDECINE ET HOMEOPATHIE

(réécrit à partir d'un courrier paru dans le Quotidien de la Réunion le 12/9/04)

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SUCETTES

La grande majorité des jeunes enfants ont un objet familier qu'ils amènent partout avec eux : un bout de chiffon, une tétine en plastique, un petit coussin, une petite poupée déglinguée... C'est leur "boubou", leur "tutute", leur "doudou". C'est leur bouée de sauvetage, leur salut, leur soutien.
Cet artifice les soulage quand ils ont mal, les console quand ils sont malheureux, les apaisent quand ils sont apeurés. Leur vie est pleinement conditionnée à cette béquille psychologique. Tenter de leur retirer des mains c’est comme leur arracher une partie d'eux-mêmes. Malheur à celui qui ose !
Et puis, avec l’âge…
La grande majorité des adultes ont une croyance familière qu'ils portent toujours avec (ou en) eux : un dieu, une prière, un talisman, quelques principes hindouistes, un livre d'Allan Kardec ou d'Elisabeth Teissier. Elle est leur repère, leur bouée de sauvetage, leur salut, leur soutien… Cette croyance les soulage quand ils ont mal, les console quand ils sont malheureux, les apaisent quand ils sont apeurés. Tenter de leur retirer de l'esprit cette croyance est comme leur arracher une partie d'eux-mêmes. Malheur à celui qui ose !
Etre croyant en quoi que ce soit ?... C'est avoir changé de sucette en grandissant …
Jacques Poustis

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REIKI RIT VENDREDI...

(d'après le courrier paru dans le Quotidien de la Réunion le 17/01/06)

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